Urbaniste : un métier en devenir

 La vocation de l’urbaniste

Elaborer et maintenir un plan d’évolution de l’informatique en concertation avec les directions métiers. Une fonction qui nécessite un profil de compétences particulier, et qui donne parfois lieu à la création d’un poste dédié.

Une fonction ou un métier?

La fonction d’urbaniste tendrait-elle à devenir un métier ? Au sein des grands groupes, en tous cas, on constate l’apparition des poste dédiés à ce domaine. C’est notamment le cas au sein des groupes présentant des systèmes d’information complexes, dotés de nombreux processus transversaux nécessitant ce type de formalisation. En France, l’ensemble des sociétés du CAC 40 sont désormais pourvues de tels responsables.

Mais sur cette question, le débat fait rage entre les experts du monde de l’urbanisation. Pour certains, cette fonction ne doit surtout pas être portée par un responsable particulier, à 100% de son temps. Elle doit plutôt être partagée entre plusieurs opérationnels et membres de la DSI, dans l’optique de favoriser l’appropriation de la démarche par tous. D’autres, en revanche, défendent la vision d’un urbaniste bien identifié au sein de la DSI, seule façon de garantir pour eux la mise à jour des cartographies et la pérennité du chantier d’urbanisation dans le temps.

Les rôles de l’urbaniste

La cartographie du système d’information

Le premier rôle d’une fonction ‘urbanisme’ est l’élaboration d’une cartographie du système d’information. « L’idée est de bénéficier en permanence de deux cartes permettant un dialogue entre la DSI et les directions opérationnelles (MOA) : l’une présentant l’état du SI à un instant T, l’autre une ou plusieurs cibles à atteindre », commente Bernard Leroux, directeur associé chez Cosmosbay-vectis.

La carte cible vise à modéliser les processus métier transverses à optimiser ou à ajouter à l’existant. Elle permet aussi de projeter les impacts de ces projets d’implémentation sur les applications et l’infrastructure informatique (en termes de déploiement, d’intégration, etc.).

Bref, d’évaluer la faisabilité d’une décision, en vue de définir sur cette base un schéma directeur d’évolution. Pour y parvenir, les experts recommandent une méthode de modélisation par couches (stratégique, processus métier, fonctionnelle, applicative et infrastructure) affichant les liens entre chacune d’elles.

Un langage commun pour tous les protagonistes

En vue d’assurer le dialogue entre les différents acteurs (entre directions générale et opérationnelles et DSI), ces cartes doivent s’adosser à des référentiels de vocabulaires permettant de bénéficer d’un langage commun, à la fois au niveau des couches métiers et fonctionnelles (qu’est-ce qu’un processus de commande, d’achat, etc.), et au niveau des couches techniques – avec à la clé la définition de standard d’intégration assurant un découplage technique entre ces différentes couches pour faciliter le déploiement de processus transverses.

« Pour les informaticiens, cette approche permet aussi de se situer dans la chaîne de valeur de l’entreprise », note également Grégory Weinbach, directeur d’agence chez Objet Direct (Homsys Group).

La définition de règles de gouvernance

Seconde grand rôle de la fonction d’urbanisation : la définition de règles de gouvernance. Car, une fois la cartographie du système réalisée, il est nécessaire d’appliquer des règles pour garantir sa maintenance. Un travail qui permet de bénéficier d’une carte à jour, en vue d’assurer un contrôle permanent de la cohérence du SI avec la stratégie de l’entreprise tout en étant en mesure de piloter son évolution.

« Il s’agit ici de mettre en place une gouvernance de l’évolution du SI », résume Bernard Leroux. « Cette démarche passe par la définition de méthodes d’évolution des référentiels d’urbanisme et de la cartographie, outillées, avec des applications de modélisation, et basées sur des procédures de demande et de validation des changements… »

Antoine CROCHET-DAMAIS, JDN Solutions

Urbaniste : un métier en devenir