Quels composants logiciels pour un système de BPMS ?

Le Web a donné naissance à de nouvelles architectures qui nécessitent une fine modélisation des processus et donc de nouveaux outils. L’heure de la modélisation avec « PaperBoard et Post-it » semble en effet révolue. Dans une chronique précédente, je montrais, en m’appuyant sur l’exemple d’Akazi et de son outil Flowmind, quel type de démarche on pouvait adopter pour modéliser les processus d’une entreprise et en contrôler l’exécution. Pour généraliser le propos, examinons en détail les fonctions que doit comporter un système complet de BPMS (Business Process Management System) :

Un outil de modélisation. C’est évidemment le cœur du système. C’est lui qui servira à formaliser la description des fonctions exercées dans l’entreprise en processus, en applications informatiques. Il permettra de définir également les données échangées, les interfaces avec les autres modules.

Des outils de développement. Ils permettront de formaliser la logique qui régit les processus de l’entreprise, à énoncer les règles de fonctionnement.

Un moteur d’exécution. Il supervisera le déroulement des processus ainsi que les échanges de paramètres.

Un moteur de règles. Il évaluera l’état de tous les objets impliqués dans le déroulement des processus et déterminera si les conditions sont remplies pour en lancer, poursuivre ou arrêter l’exécution.

Un référentiel. Il mémorisera tous les objets manipulés, en particulier les définitions des processus, les règles qui doivent déclencher leur exécution, les contraintes d’intégrité, de sécurité ainsi que les mesures de référence relatives au métier de l’entreprise.

Des outils d’administration. Ils permettront de régler les paramètres de l’ensemble du système et d’obtenir des indicateurs de performance et des statistiques à partir des données collectées lors de l’exécution des processus.

Au sein de l’architecture du système d’information, le BPMS va constituer une nouvelle couche qui va s’insérer en les fonctions de présentation et la logique applicative métier. En général, cette mise en œuvre sera lourde : elle nécessitera en effet d’extraire les règles de fonctionnement de l’entreprise des applications existantes pour les remonter d’un niveau et les intégrer au BPMS. Une fois que l’on aura réalisé cet effort, on aura bien plus de souplesse pour adapter rapidement le fonctionnement de l’entreprise à de nouveaux contextes économiques. Pour mettre en place de nouveaux partenariats par exemple. Toutefois, la profondeur de la réforme à mener pour mettre en place un BMPS nécessite de choisir des fournisseurs de logiciels en qui on peut avoir toute confiance pour plusieurs années. Ces fournisseurs quels sont-ils ?

Trois catégories de fournisseurs

Ceux qui possèdent une large gamme de produits tout d’abord. Ainsi IBM propose WebSphere Business Integrator que l’on peut associer à la gamme WebSphere et MQSeries. Hewlett-Packard propose Process Manager tandis que Microsoft a intégré des fonctions de BPMS à BizTalk Server 2000. Chez Sun/Netscape, le BPMS fait désormais partie de iPlanet Integration Server. Autre catégorie de fournisseurs : les spécialistes des serveurs d’applications ou des connecteurs EAI (Entreprise Application Integration), comme BEA ou Iona. Ces derniers ont fait l’acquisition des sociétés qui avaient développé des BPMS pour intégrer ces technologies à leur offre. Ainsi BEA a acheté The Workflow Automation Corp. pour en intégrer les développements à WebLogic Process Integrator. Iona a porté son choix sur Netfish Technologies. Tibco, WebMethods, Vitria, SeeBeyond, Peregrine, etc. ont également ajouté à leur offre des fonctions de BPMS.

Enfin, dernière catégorie de fournisseurs : les éditeurs indépendants spécialisés dans la formalisation et l’optimisation de processus. Intalio, à l’origine de l’initiative BPMI (Business Process Management Initiative) fait partie de ceux-là. IDS Scheer également. Sa gamme de produits, élaborés autour de la solution ARIS, englobe des méthodes, des logiciels et interfaces pour modéliser, analyser, documenter et évaluer les performances des processus de toute l’entreprise. IDS Scheer travaille en étroite collaboration avec SAP, l’éditeur de progiciels intégrés. Il n’y a rien d’étonnant à cela : on peut en effet considérer le BPMS comme une étape supplémentaire dans l’intégration de logiciels d’entreprise.

Quels composants logiciels pour un système de BPMS ?