PagesJaunes cartographie son système d’information dans une perspective d’urbanisation

Leader historique sur le marché des annuaires, PagesJaunes se prépare à livrer en 2006 une bataille importante. C’est en effet cette année que se joue le marché des services autour des renseignements téléphoniques.

Dans un paysage qui s’annonce très concurrentiel, le chantier de cartographie et d’urbanisation du système d’information est devenu une priorité. Il s’agit pour PagesJaunes d’aligner le SI sur la stratégie des métiers. « Encore faut-il pouvoir donner les bonnes priorités aux bons moments et canaliser les enthousiasmes ; chaque maîtrise d’ouvrage étant désireuse de mettre en avant les projets qui revêtent, suivant certains critères, un caractère important ou urgent » explique Fabrice Fontaine, Directeur des Etudes. « Pour donner à la DSI et à la Direction Générale les moyens d’arbitrer, il faut disposer d’un outil qui donne une vision stratégique et cohérente du système d’information. La maîtrise des évolutions et l’optimisation des coûts nécessitent de savoir mesurer et mettre en regard valeur et investissements. »

Vers une culture homogène

Le projet s’inscrit dans un contexte de fusion de deux entités : PagesJaunes est née en 2000 du rapprochement des services d’édition de l’annuaire papier et de la régie publicitaire ODA (Office d’Annonces). Le Groupe a donc hérité de deux systèmes d’informations différents, l’un bâti autour du traitement des données opérateur pour la parution dans les annuaires et le second dédié au support de l’activité commerciale. Comme souvent dans une fusion de structures, les systèmes étaient on ne peut plus hétérogènes. « Le patrimoine applicatif, les technologies, les outils et les méthodes de travail différaient. Un travail de rapprochement technique et culturel était nécessaire, se rappelle Fabrice Fontaine. Dans un premier temps, nous avons établi un catalogue commun basé sur des outils bureautiques. Mais nous voulions aller plus loin, avec des outils et une démarche ad hoc. Notre objectif est d’atteindre la productivité industrielle qu’on est en droit d’attendre en matière d’évolution d’un SI ».

L’urbanisation du système d’information s’est imposée comme un levier et un moyen d’harmoniser les évolutions en convergence vers une cible.

En créant un référentiel de son système d’information – incluant les vues métier, fonctionnelle, applicative et technique – PagesJaunes veut également favoriser un partage de connaissances sur les processus métier et le patrimoine applicatif de l’entreprise et faciliter ainsi l’instauration d’un langage commun. Il était donc important de faire entrer une culture homogène au sein des équipes.

ARIS support de la cartographie

Dès fin 2004, le choix d’un outil de type référentiel s’oriente vers la solution IDS Scheer. ARIS et ses composants modulaires sont choisis pour faciliter le travail collaboratif et permettre l’accès au référentiel depuis n’importe quel site, via Intranet. Selon Fabrice Fontaine : « Nous avons retenu la solution d’IDS Scheer pour l’exhaustivité de ses fonctionnalités. En outre, l’outil s’est révélé très ouvert et offre une grande souplesse de vue en nous permettant selon les besoins de rester à un niveau général ou de descendre dans les détails. Il nous a séduits aussi par le bon compromis facilité d’emploi/rigueur de modélisation qu’il offre ».

Une démarche pragmatique et participative

Cartographier son système d’information à des fins d’urbanisation est un véritable projet qui nécessite de construire une démarche outillée. Pour se faire accompagner, PagesJaunes a retenu le cabinet Nomia pour son expertise dans le domaine de l’urbanisme et de la cartographie et pour son offre méthodologique iPrisme.

Un pilote de validation

Le projet de cartographie a démarré en 2005 autour d’un pilote destiné à valider l’organisation, la stratégie de déploiement et à adapter la solution ARIS au contexte de PagesJaunes, dans une perspective d’industrialisation.

Animer le projet

Le cabinet Nomia est intervenu en assistance à maîtrise d’ouvrage au sein de la cellule architecture fonctionnelle – créée pour le projet – chargée de définir le cadre et la méthode et de suivre la cohérence des travaux de cartographie. Son objectif est d’inciter les acteurs concernés (architectes fonctionnels, maîtrise d’ouvrage, chefs de projets) à s’approprier l’outil et la démarche, tant par un accompagnement de proximité que par des formations préalables ad’hoc.

Définir un métamodèle

Support de l’industrialisation de la démarche et étape essentielle pour le partage d’un langage commun, le métamodèle qui structure la cartographie PagesJaunes comporte – pour chacun des niveaux retenus – les concepts et les relations sémantiques qui décrivent les domaines de l’entreprise. « Le modèle voulu par PagesJaunes permet aussi bien une approche ‘top down’ (d’une vue générale à une vue détaillée) que ‘bottom up’, explique Nicolas Boulard, Consultant Nomia. Chacune des vues (métier, fonctionnel, applicatif et technique) précise le niveau de granularité nécessaire ».

Personnaliser l’outil

L’adaptabilité de l’outil au contexte local était un facteur important. Il ne fallait pas noyer les utilisateurs avec trop d’informations.
« S’il avait été mis dans les mains des équipes, sans guide et sans objectifs, nous aurions risqué d’avoir des niveaux de granularité différents ou même de reproduire les méthodes déjà en place. Il fallait donner des étapes claires, homogènes, quitte à limiter les ambitions », souligne Fabrice Fontaine. La cellule architecture fonctionnelle s’est donc attachée à adapter ARIS, dans la forme et dans le fond. «Les utilisateurs doivent pouvoir se concentrer sur le fond et non sur l’acquisition de l’outil», résume Serge Peresson, Chef de projet en charge du projet d’urbanisation et de cartographie.

Exploiter le référentiel

Une fois le travail de structuration terminé, le peuplement de la cartographie pouvait commencer. «Dans une perspective d’urbanisation et de définition des besoins futurs, nous avons préféré nous orienter vers une cartographie construite au fil de l’eau par les projets», souligne Fabrice Fontaine. Des espaces projets ont été créés dans ARIS à cette fin. Ils ont été disjoints de la cartographie de l’existant, pour pouvoir bâtir le SI cible et les paliers des trajectoires d’évolution selon les règles d’architecture retenues.

L’exploitation du contenu du référentiel est un point crucial. L’accent a été mis sur l’insertion de livrables de la cartographie aux bons niveaux de la démarche de conduite de projet. La capacité de l’outil à générer de la documentation utile aux projets a grandement facilité cette dimension tout comme l’utilisation de requêtes pour connaître les interrelations des constituants de la cartographie.

Une fois la formation à la démarche outillée effectuée, l’accompagnement des contributeurs des projets s’est révélé indispensable pour transmettre une culture et des pratiques qui allaient s’inscrire dans le cadre concret de projets de transformation dont ils ont la charge.

Un bilan positif

Le dispositif est aujourd’hui opérationnel et le chantier de cartographie monte en puissance. Beaucoup d’espaces projets ont été ouverts. Il s’agit désormais pour PagesJaunes de systématiser la démarche. Avec l’expérience, la méthode s’ajuste et le niveau de description s’améliore. « Nous avons ouvert un projet cartographie et mis en place un dispositif de pilotage. Des tableaux de bord consolidant des indicateurs de couverture mesurent notre progression et le temps passé par les différentes équipes projet », commente Fabrice Fontaine.

PagesJaunes cartographie son système d’information dans une perspective d’urbanisation