« Nous avons en France l’ambition de renforcer notre crédibilité auprès de nos acheteurs français »

MetastormInterview exclusive de Laura Mooney, Vice-présidente Communication d’entreprise de Metastorm, et de Robin Martin, Vice-président exécutif des Opérations Internationales de Metastorm

Comment s’est passée l’année 2009 pour Metastorm ? La récession actuelle vous affecte-t-elle ?
Laura Mooney : Tandis que la situation économique mondiale en 2009 représentait un défi d’envergure, Metastorm a eu une très bonne année. Nous avons gagné 120 nouveaux clients, et les commandes provenant de clients existants étaient en hausse. Nous avons de la chance parce que les technologies que nous offrons telles que business process management, business process analysis et architecture d’entreprise aident des organisations à devenir plus efficientes, à utiliser leurs ressources avec plus d’efficacité en dépensant moins, à augmenter la productivité de leurs effectifs. Tous ces avantages ont encore plus de valeur pour des sociétés qui traversent les périodes économiquement difficiles. Ainsi, le BPM reste très demandé.

Comment se situe Metastorm aujourd’hui vis à vis de ses concurrents en Europe ? Quelles sont vos ambitions en France ?
Robin Martin : Au cours de ces dernières années, Metastorm a beaucoup investi dans la croissance de sa présence directe sur les marchés clés de l’Europe. Avec des bureaux en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en France et avec la base des clients en augmentation partout en Europe, Metastorm a démontré son engagement sur le marché européen pour le long terme. Outre le développement de nos équipes ventes, services professionnels et développement, nous avons beaucoup travaillé sur l’affermissement des relations avec nos partenaires, par exemple avec Devoteam en France, pour nous assurer d’avoir des ressources nécessaires pour la réussite de nos clients dans la région. Nous avons en France l’ambition de renforcer notre crédibilité auprès de nos acheteurs français : ils ont besoin de savoir que nous sommes établis et impliqués en France, que nous avons des partenaires solides. Au bout du compte, nous voudrions que des entreprises françaises choisissent le Metastorm BPM comme leur plate-forme de processus métier, ce que les entreprises dans nos régions font avec beaucoup de succès.

Des changements récents sont apparus dans le milieu du BPM et de l’architecture d’entreprise : outils open source, logiciels gratuits avec des fonctionnalités limités, fournisseur de services. Quelle est votre stratégie pour étendre votre marché ?
Laura Mooney : Metastorm offre une version gratuite de son outil de modélisation des processus “BPM Process Designer” depuis plusieurs années. Il est toujours possible de la télécharger sur notre site. En outre, Metastorm travaille sur une version en cloud computing de cet outil appelé M3. Metastorm M3 permettra aux utilisateurs avec peu ou pas de connaissances en modélisation de collaborer en ligne dans un environnement hébergé et de créer des modèles à bas coût. Contrairement à d’autres outils BPM, Metastorm M3 permettra de prendre le meilleur du monde de l’architecture d’entreprise et du BPM. Au-delà de la modélisation des processus métier, il sera possible de modéliser les compétences, les objectifs et d’autres éléments. Ce nouvel outil permettra de faciliter l’optimisation des processus.

Comment voyez-vous le marché français à l’heure actuelle ? Quels sont ses freins ?
Robin Martin : Jusqu’à présent, nous trouvions que les entreprises françaises ne se dépêchaient pas d’adopter les technologies du BPM. Elles étaient assez conservatives en général, en comparaison avec d’autres régions pour ce qui concerne l’adoption des technologies. Et la récession les a fait encore plus hésitantes sur le plan de l’investissement dans les nouvelles technologies. Néanmoins, nous sommes optimistes. Nous croyons que nous pouvons aider à distribuer des innovations parmi les entreprises françaises. Les logiciels du BPM et de l’architecture d’entreprise ont prouvé leur importance, et nous avons des centaines de témoignages clients qui le confirment. Ainsi, comme la France attend avec impatience le rétablissement économique, nous croyons que les entreprises voudront saisir l’opportunité de mieux aligner leur stratégie avec l’exécution, de devenir plus agiles, et d’inspirer vraiment l’innovation, en réalisant en même temps des économies et en augmentant la productivité, ce que le BPM permet de faire dès le départ.

Quelle est la date limite pour l’intégration totale de Metastorm Enterprise Architecture avec Metastorm BPM ?
Laura Mooney : Les entreprises utilisent déjà Metastorm EA et BPM ensemble. Le succès de cette intégration concerne plus la méthodologie que la technologie. Les clients trouvent qu’utiliser nos modèles comme un langage commun permet de faire dialoguer les architectes fonctionnelles et les responsables métier. Du côté technologique, notre produit le plus récent – Metastorm BPM version 9 – fournit une architecture de base pour le futur. Au-delà de rendre plus facile l’intégration de l’EA et du BPM, ce nouvel outil rend plus facile pour Metastorm l’innovation et le développement de nouvelles fonctionnalités dans notre portefeuille d’application.

Quel est l’intérêt d’un outil intégré pour une entreprise?
Laura Mooney : Un outil intégré fournit des moyens unifiés de communication et de collaboration pour tout le monde – Architectes fonctionnels, Responsables processus, utilisateur métier et IT. Il permet à tout le monde de parler le même langage et d’avoir la même compréhension. Quand tout le monde a la même information et la même vue de l’entreprise, les actions sont plus cohérentes et synchronisées avec les buts et objectifs communs. En outre, une plateforme BPA/BPM aide les entreprises à combler le gap entre la stratégie, la performance et les résultats financiers. En bref, un outil commun et intégré est plus facile à gérer et moins cher que des outils séparés.

Quand il s’agit de réduire les coûts, le premier réflexe des entreprises, sous la pression des marchés financiers, est d’annoncer des réductions d’effectifs. Comment promouvoir l’idée d’une action d’optimisation de la performance ?
Robin Martin : La réduction des effectifs n’est pas la meilleure des solutions. Les entreprises se doivent de trouver des solutions plus innovantes lorsqu’il s’agit de réduire les coûts. En effet, la réduction des effectifs engendre une baisse des coûts sur le court terme, mais ne permet pas d’améliorer la productivité ou l’efficacité de l’entreprise sur le long terme. L’utilisation d’Enterprise Architecture pour identifier les systèmes sous-utilisés, les bureaux ou encore les ressources humaines permet aux entreprises d’opérer des réductions plus intelligentes dans des secteurs n’engendrant pas de fortes valeurs ajoutées. Elles peuvent ensuite utiliser Metastorm BPM afin d’automatiser leurs processus manuels, ce qui réduit d’avantage les coûts tout en permettant aux employés de se concentrer sur des activités à plus fortes valeurs ajoutées et d’améliorer leur productivité. Ce sont les moyens les plus intelligents d’optimiser la performance d’une entreprise.

Vous êtes en train de lancer la version 9 de Metastorm Entreprise. Quelles sont ses particularités ? Quels objectifs vise-t-elle ?
Laura Mooney : Metastorm enterprise version 9 représente un nouveau cadre d’architecture sur lequel va s’appuyer plusieurs innovations. D’un point de vue BPM, la version permet de modéliser, déployer et modifier des processus de manière plus rapide et facile. De nombreuses fonctionnalités ont été mises en œuvre dans cet outil. Le fait qu’elles proviennent de demandes de nos clients nous conforte dans l’idée qu’elles seront utilisées dans des projets existants. En outre, Metastorm BPM Version 9 intègre une nouvelle fonctionnalité multilingue qui permet aux organisations internationales de créer un seul processus et de le déployer sous de multiples langues sans avoir à recréer le processus. Ce sera un important gain de temps et d’argent.

Quelles sont vos attentes liées au lancement de cette version ?
Laura Mooney : Les retours de nos clients ont été très positifs. Par ailleurs, étant donné que la nouvelle version leur permet de lancer/exécuter plusieurs versions de Metastorm BPM simultanément, avec une interface utilisateur unique, nous nous attendons à ce qu’ils puissent commencer à utiliser cette nouvelle version immédiatement pour de nouveaux processus, sans impact sur leurs processus déjà automatisés. C’est un point très important, considérant que la grande majorité de nos clients utilise le logiciel comme une plateforme d’entreprise pour des dizaines de processus opérationnels de base. Nous nous attendons aussi à ce que la nouvelle interface de modélisation de processus ainsi que la rapidité de déploiement soient des atouts non négligeables qui devraient intéresser de nombreux prospects. Je pense, en outre, que Metastorm BPM Version 9 n’est que le premier d’une lignée de nouveaux produits que nous prévoyons de lancer cette année.

Quels sont vos autres projets en cours ?
Laura Mooney : Outre le nouveau Metastorm M3, que j’ai déjà mentionné, Metastorm travaille sur une nouvelle interface utilisateur Smart Business Workspace qui devrait intégrer des technologies de mashup et plusieurs applications internet, ce qui permettra aux utilisateurs de Metastorm EA et Metastorm BPM de configurer leur propre interface utilisateur, s’appuyant sur la bibliothèque de widgets, et de collaborer avec leurs collègues utilisant des technologies de réseaux sociaux.

Quel sont vos vœux pour 2010 ?
Laura Mooney : Je souhaite un rapide et solide rebond de l’économie mondiale ce qui permettrait aux entreprises de se concentrer d’avantage sur les innovations et en parallèle, je l’espère, sur la recherche de moyens de travailler de façon plus intelligente et dans le respect de l’environnement.

Robin Martin : Outre une amélioration de l’économie mondiale, je souhaite que les entreprises européennes apparaissent comme leaders dans l’amélioration des processus et l’optimisation des performances. J’aimerais aussi voir le scepticisme ambiant écarté au profit de la technologie comme facilitateur d’affaires. Et, au final, que les entreprises comme les gouvernements soient plus considérés comme des innovateurs plutôt que des observateurs.

« Nous avons en France l’ambition de renforcer notre crédibilité auprès de nos acheteurs français »