Modélisation des processus métiers et standardisation

Processus métier : un même mot, plusieurs domaines d’application

Comme toute nouvelle tendance, l’approche par les processus suscite de nombreuses attentes et de nombreuses prises de position. Que l’on parle du Business Process Reengineering (BPR), du Business Process Management (BPM), de l’Activity Based Costing (ABC), ou du Business Activity Monitoring (BAM), la modélisation des processus est au cœur de chacune de ces approches. L’émergence de standards de modélisation permet d’entrevoir une rationalisation des méthodes d’analyse des processus et la création d’une communauté de savoir partageable par l’ensemble des acteurs de ce marché.

Sans nier l’importance des progrès accomplis, cet article se propose de faire un état des lieux sur les travaux de standardisation de la modélisation des processus métiers afin d’en dresser un portrait le plus fidèle possible à la réalité. Les perspectives données dans ce point de vue s’appuieront sur le retour d’expérience et la participation active des membres de la société MEGA aux groupes de normalisation depuis de nombreuses années.

Avant même d’établir une liste des standards de modélisation en cours de maturation, nous nous heurtons en premier lieu à la question : de quel processus métier parlons nous ?
Le terme « Processus métiers » est souvent employé dans des projets de nature très différente. Nous en distinguerons trois :
– l’établissement d’un mode de gestion de l’entreprise orientée client. On parlera alors de pilotage par les processus ou chaîne de valeur de l’entreprise ;
– l’établissement de procédures de contrôle du fonctionnement de l’organisation ;
– l’assemblage des ressources informatiques en suivant une logique processus.

Dans les projets de pilotage, on s’intéresse à la relation entre la stratégie et les processus. Par exemple, une banque peut décider de se concentrer sur le marché des produits financiers au dépens de la banque de détail. Le processus « Fournir des produits financiers » devient alors l’axe majeur de création de valeur pour l’entreprise. Il faut réorganiser le mode de pilotage de la banque en fonction de ce processus pour que chaque division concoure désormais à satisfaire les clients acheteurs de produits financiers

Dans le deuxième cas, une entreprise cherchera à améliorer son fonctionnement opérationnel. Par exemple, notre banque voudra s’assurer, au travers de procédures de gestion, du contrôle du niveau d’endettement de ses clients. L’objectif est de déterminer les règles à appliquer et les acteurs qui en ont la charge. Ici, ce sont la distribution tâches et la maîtrise des responsabilités de chacun qui sont en jeu.

Le troisième cas concerne le système d’information. Ce qui est en jeu est la coordination des outils informatiques et des tâches des utilisateurs. Dans le cas de notre banque, on pourra, par exemple, mettre en œuvre un workflow automatisant l’interrogation de l’historique des clients pour le contrôle de leur endettement.

Il apparaît que les domaines concernés recoupent des sujets aussi variés que l’analyse de la stratégie, l’analyse des responsabilités ou l’architecture de service du système d’information. Cette revue des différents cas d’emploi des approches processus permet de comprendre qu’il ne pourra pas y avoir une seule modélisation unifiée des processus avec comme corollaire un seul standard universel. A chaque cas d’emploi devra finalement correspondre un usage circonstancié et adapté de la modélisation des processus.

   Les critères pour un standard de modélisation des processus métiers

Outre la couverture des différents cas d’emploi analysés ci-dessus, un standard pour l’analyse des processus métier doit répondre à un certains nombre de critères propres à tout standard de modélisation :
– une notation intuitive à l’usage des acteurs de l’organisation et de la gestion d’entreprise pour que l’on puisse enfin dire : un bon dessin vaut mieux qu’un long discours ;
– un métamodèle et un vocabulaire – ensemble de concepts et de relations – rigoureusement définis pour fournir un socle robuste à l’outillage des approches processus ;
– une déclinaison du métamodèle et de la notation pour chacun des niveaux d’analyse des processus métier : chaîne de valeur, organisation, intégration informatique. Cette déclinaison doit s’accompagner d’un mécanisme de navigation entre les différents niveaux d’analyse ;
– un format d’échange à la fois pour les modèles de processus et pour leurs diagrammes.

L’état de l’art

Une double grille d’analyse – champs d’application de la modélisation des processus et caractéristiques d’un standard de modélisation – va nous permettre de classifier les différents standards existants ou en cours d’élaboration.

Champs d’application :
– analyses des chaînes de valeur ;
– analyses de l’organisation ;
– analyse des processus automatisés ;
– langage d’exécution des processus automatisés.

Caractéristiques d’un standard de modélisation
– dispose d’un méta modèle ;
– dispose d’une notation ;
– dispose d’un format d’échange.

Le tableau suivant nous donne un aperçu des principaux standards :

   

Les principaux standards de modélisation des processus

Antoine LONJON
Product Manager MEGA International

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