Le BPM ou la transformation de l’entreprise

En tant que discipline de management, le BPM (Business Process Management) existe depuis de nombreuses années pour comprendre, planifier et mesurer les processus. Le BPM a aussi de nombreux freins qui viennent d’une mise en place délicate, d’une résistance aux changements compte tenu de l’impact désiré sur les organisations et d’une offre qui a besoin de mûrir.

Aujourd’hui apparaissent sur le marché des suites logicielles (BPMS, Business Process Management Suites), ce qui facilite la démarche BPM. Le marché du BPM est en forte croissance. Il représentait 310 M$ en Europe en 2005 et devrait croître de 15 à 20% jusqu’en 2009.

La promesse du BPM

La convergence des défis — globalisation, fusions et acquisitions, trop plein d’information, conformité réglementaire— conduit les entreprises à rechercher de nouvelles manières d’obtenir une vision cohérente de leurs données et de leurs processus et d’accroître la flexibilité et agilité.

La promesse du BPM et de son approche par les processus est de fournir des éléments de réponse à ces problématiques à la fois sur le plan stratégique et sur le plan opérationnel. Avec le BPM, l’entreprise dispose de méthodes et d’outils pour traiter de manière itérative la totalité du cycle de vie des processus métier : identification, modélisation, exécution, contrôle et analyse, optimisation et simulation. Une démarche de BPM est un processus continu et dynamique dont l’objectif est de :

– modéliser les interdépendances entre les employés, les applications et les informations ;
– intégrer et automatiser ces interdépendances ;
– coordonner, au-delà des silos fonctionnels et applicatifs, des processus opérationnels de bout en bout ;
– ajuster les structures opérationnelles afin de favoriser des changements de comportement tournés vers l’efficacité.

Dans une démarche d’entreprise d’amélioration de la qualité, le BPM doit permettre d’optimiser et améliorer les processus critiques, ceux qui offrent des facteurs de différentiation par rapport à la concurrence. Elément majeur dans l’évolution de l’entreprise vers un modèle agile, le BPM doit être analysé à la fois sous l’aspect stratégie et concept et en tant qu’ensemble logiciel.

Les logiciels de BPM

L’analyse du marché du logiciel BPM montre deux phénomènes :
– convergence des offres ;
– consolidation des acteurs.

Convergence

Le marché des suites BPM est un marché encore jeune et ses nombreux acteurs viennent d’horizons divers.
Beaucoup d’entre eux entrent sur le marché du BPM avec des produits aux fonctionnalités intéressantes issues de leur technologie d’origine telles que l’intégration, la gestion documentaire, le workflow, la modélisation, ou les applications intégrées.
De même, ils possèdent une expertise et une connaissance importante de leur domaine de prédilection Cette convergence de point de vue crée des redondances fonctionnelles et il devient difficile d’éviter la confusion.

Consolidation

Comme tout marché actif, le BPM est dans une phase de forte consolidation.
Pour s’en convaincre, il suffit de lister les dernières fusions et acquisitions de ces dernières années. Tous ces mouvements ont eu pour but de créer des offres de BPM plus complètes. La plupart ont été faites par des acteurs du middleware et de l’intégration applicative pour renforcer la partie gestion des interactions humaines et la gestion documentaire.

Cependant, le marché du BPM n’a pas encore atteint sa maturité.
Suivant l’axiome des marchés capitalistiques la consolidation va encore se poursuivre jusqu’à ce qu’un leader et un challenger se détachent et obtiennent chacun au moins 20% de parts de marché avec une offre « Global BPM », et cohabitent avec un ensemble d’acteurs de niche (parts de marché < 5%) qui se spécialiseront dans un domaine particulier du BPM.

   Choisir votre partenaire

Une offre très large existe dans ce domaine émergent où il n’y a encore que peu de retour d’expérience. Dans leurs documents marketing & communication, les éditeurs présentent leurs suites comme la suite BPM idéale et universelle, disposant de toutes les fonctions, offrant des avantages uniques, et supportant un large spectre d’applications.

Comment dans ce contexte choisir la bonne suite qui répondra exactement aux besoins de l’entreprise ?

Les enquêtes montrent que la majorité des DSI considèrent le BPM comme un moyen de créer des solutions adaptables. Mais à ce jour, seuls des précurseurs ont mis en place à grande échelle des initiatives de BPM dans leur entreprise.
Dans une large majorité des cas, les entreprises s’approprient le concept et se lancent dans des expériences pilotes à l’étendue limitée. Beaucoup se perdent dans cette offre variée.

On peut segmenter le marché du BPM suivant plusieurs approches :
– socle technique (.Net, J2EE, NetWeaver, propriétaire) ;
– type d’utilisation (navigation guidée, formulaires, contenu, transactionnel, gestion de cas) ;
– type de vendeurs (Infrastructure, middleware, contenu).

Toutes les suites offrent les fonctions de base et elles se différencient par la richesse et les capacités des fonctions de support dans la gestion des règles métier, gestion du contenu, gestion des interactions humaines. Une définition précise du processus opérationnel permet de définir le niveau de support dans ces différents domaines et donc de simplifier la sélection.

Afin de choisir l’outil adéquat, il est important de bien comprendre quel est le type de processus que l’entreprise veut gérer et optimiser. En effet, chaque type de processus a un style particulier qui induit des caractéristiques en termes de durée, séquence, participants, compétences, … et donc des outils nécessaires à leur bonne gestion.

Les processus peuvent se caractériser en fonction des styles suivants :
– interaction intensive (conception de produits, collaboration) ;
– documentation intensive (gestion des sinistres, contrat d’assurances) ;
– hybride, humaine et document (dossier de prêt) ;
– système intensif (nouvelles commandes).

Dans la phase pilote, le projet idéal tentera de lier ces trois domaines : application, interactions, et documentation.
La phase de modélisation est essentielle dans la démarche. Utilisateurs et informaticiens doivent travailler ensemble sur les modèles et utiliser un langage commun qui couvre les concepts métier des utilisateurs et peut être traduit facilement dans l’environnement informatique.

Certains outils offrent un environnement de modélisation commun entre les analystes métier et les architectes processus. D’autres offrent des outils séparés pour chaque étape. L’important est de trouver une suite qui s’accorde avec la culture de collaboration entre les métiers et l’informatique.

Le choix des standards

Le marché du BPM est en constante évolution. Il est vraisemblable que la suite que vous achetez aujourd’hui ne couvrira pas tous vos besoins de modélisation, développement, déploiement et amélioration.

Le BIT Group recommande donc de choisir une suite qui s’appuie sur des standards (BPMN, BPEL), et qui produit des modèles de processus portables et interopérables.

Christophe Toulemonde, Analyste au BIT Group, en charge des domaines SOA, BPM et logiciels d’infrastructure
Source : guideinformatique.com  

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