La SNCF aiguille ses processus avec MEGA

Comment uniformiser et modéliser l’ensemble des processus au sein d’une entreprise telle que la SNCF qui pèse 15 milliards de dollars de chiffre d’affaires et dispose de trois DSI opérationnelles (voyageurs, frêt et infrastructure) ?

En créant une quatrième DSI, transversale, experte en conseil stratégique et pilotage des systèmes d’information et télécommunications, à l’origine de préconisations et de règles de gouvernance communes à toute la société. Une DSIT qui mène depuis 1996 une démarche d’urbanisation en profondeur et qui utilise, en complément de son propre outil de cartographie maison, les outils de l’éditeur MEGA.

L’administration des données d’entreprise comme point de départ

En 1994, nous avons commencé à travailler sur ce que l’on appelait l’administration des données d’entreprise. Deux ans plus tard, nous avons décidé d’étendre ce champ d’activité car il fallait aller au delà et adopter une démarche plus globale. L’urbanisme du système d’information est alors apparu. Aujourd’hui, c’est le socle de notre démarche d’alignement des métiers avec les moyens informatiques, déclare Laurent Biéber, urbaniste au sein du pôle planification stratégique et méthodes de la DSIT, à la SNCF.

L’objet de cette démarche est tout d’abord de donner un cadre central aux grands principes d’urbanisme de l’entreprise, définissant et validant les méthodes, modélisations, outils et concepts réutilisables par tous les acteurs concernés. Un guide de l’urbanisme a d’ailleurs été publié à cette fin. Deuxième objectif : créer un cadre de référence pour l’urbanisation du SI en lui-même, dans le but de définir, gérer et consolider les différentes facettes de l’urbanisme : les processus métiers mais aussi les aspects fonctionnels, applicatifs et techniques.

Quadruple intégration des processus

« La démarche permet une quadruple intégration des processus. Avec les méthodes tout d’abord, en adéquation avec les principes et règles de gouvernance des SI, ainsi que les règles de fonctionnement et les règles d’urbanisme. Avec le plan stratégique de l’entreprise ensuite, appelé PTG (plan triennal glissant). Avec la gestion des projets également, ce qui permet de ‘construire et de démolir’ comme on le souhaite. Enfin, avec les projets eux-mêmes, grâce à la réutilisation de certaines parties urbanisées ou de données modélisées, » ajoute Laurent Biéber.

Un tableau de bord a été mis en place. Trois grandes familles d’indicateurs de suivi d’activité ont été créées, dont « l’urbanisation des SI ». Dans cette famille, sont notamment mesurés le nombre de processus modélisés ainsi que le nombre de direction métier ayant intégré l’urbanisme dans leur PTG. Dans la famille « intégration de l’urbanisme dans la vie du SI », on mesure le pourcentage de projets cadrés par la cellule d’urbanisme ou le nombre d’études d’urbanisme en cours.

Lien étroit avec le projet industriel de l’entreprise

Ces indicateurs alimentent ensuite des indicateurs plus centrés sur le projet industriel de l’entreprise. Le but est ici de mesurer l’amélioration de la cohérence du SI de l’entreprise et son adaptation aux stratégies des activités et domaines.

Quant aux indicateurs de résultats, la DSIT n’en dispose pas pour le moment mais réfléchit aux pistes suivantes : rationalisation des applications, optimisation des échanges de données et mise en qualité des données sont à l’étude.

« MEGA couvre l’ensemble du spectre sur lequel nous souhaitions travailler. Cela nous permet – en environnement Windows – de se positionner aussi bien du côté de la maîtrise d’œuvre que de la maîtrise d’ouvrage, de faire des allers et retours avec le même outil. Cet outil s’interface par ailleurs parfaitement avec notre outil de référentiel des projets et applications informatiques CASSI (Cartographie Simplifiée du Système d’Informatisé). Une passerelle permet d’ailleurs d’alimenter CASSI à partir de MEGA », conclut Laurent Biéber.

Auteur : Fabrice Deblock, JDNet

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