La dématerialisation : un marché en trompe l'oeil

viallefont.pngOn parle beaucoup de dématérialisation. Pourtant les chiffres de ce marché restent encore modestes et laissent à penser qu’il y a beaucoup de bruit pour rien. A y regarder de près, les projets de dématérialisation en entreprise sont particulièrement significatifs pour peu qu’on les examine de manière globale.

Comme le rappelle Didier Barathon, dans le Monde Informatique, « on peut penser que le marché de la dématérialisation des documents a une notoriété bien plus importante que son poids réel en termes de chiffre d’affaires. Le fait est que malgré une croissance annuelle proche de 30% depuis une décennie, il ne représente encore que 400 millions d’euros à l’échelle européenne, pour les logiciels. »

 • Tout d’abord, on pourrait facilement remettre en cause la validité du chiffre en notant que stricto sensu, la mise en place d’une gestion électronique de documents participe, qu’on le veuille ou non, à la dématérialisation d’un certain type de contenus. On fera remarquer également que les premiers projets de dématérialisation qui ont vu le jour ont d’abord concerné les documents techniques et/ou qualité et les formulaires et non les factures ou les courriers. On pourrait ainsi conclure que la dématérialisation ce n’est pas uniquement traiter des courriers ou des factures qu’ils soient entrants ou sortants !

  • Si l’on accepte malgré tout l’idée que les 400 M€ ne concernent que la dématérialisation de courriers et ou de factures, force est de constater qu’aujourd’hui la majorité des projets de gestion documentaire que ce soit en PME et à fortiori dans les grands comptes, intègre aujourd’hui systématiquement une partie dématérialisation plus ou moins significative. Il est ainsi rare que les entreprises qui réfléchissent à la mise en place d’une solution de gestion documentaire n’intègrent pas dans leurs réflexions le traitement des documents papier.

  • Les solutions de dématérialisation proposées par les éditeurs commencent à se verticaliser et à se spécialiser, preuve que le besoin à satisfaire est loin d’être uniforme, preuve également de sa maturité grandissante.  

 • Le marché de la dématérialisation porte en lui celui de l’archivage et même de l’archivage à valeur probatoire. Il parait assez évident aujourd’hui qu’une fois que les entreprises en auront terminé avec les factures, bulletins de salaire et autres contrats, elles se poseront (peut-être est-ce déjà le cas) la question de la conservation de ces documents. Encore assez peu demandé aujourd’hui, l’archivage a de belles heures devant lui. 

 On le voit, les chiffres sont parfois trompeurs. Incontestablement, la tendance est là. On est loin d’en avoir fini avec la dématérialisation car de puissants accélérateurs viennent et viendront doper la demande : la montée en puissance du green, les règlements et la volonté des gouvernements de réduire les coûts en supprimant le papier. En France, la Loi de Modernisation de l’Economie d’août 2008 impose aux services de l’Etat d’être en mesure d’accepter les factures électroniques au 1er janvier 2012 ! 

Auteur : Bruno VIALLEFONT

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