Entretien avec W. Jost, responsable développement produits chez IDS Scheer

Wolfram Jost, Directeur Technique de Software AGPouvez vous nous présenter le pole Recherche et Développement d’IDS ?
– Le département R&D d’IDS est basé en Allemagne et compte 150 personnes. Il se divise en 3 Pôles : Développement, Management Qualité et Traduction. Eux-mêmes subdivisés en sous structures alignée sur l’offre et au cycle de vie des produits : mise en oeuvre, contrôle, stratégie.
La R&D représente 6 % du chiffre d’affaire d’IDS et 13 % du CA produit.

Quels sont les principaux axes de recherche de la R&D d’IDS ?
– La feuille de route, définie pour plusieurs trimestres est largement publique : nous allons porter notre effort sur l’amélioration d’Aris dans l’utilisation du reporting et de la publication notamment.
Nous travaillons aussi en partenariat avec des universités allemandes sur des projets à moyen terme.

Le métamodel d’Aris a commencé à s’ouvrir avec la version 6. Allez-vous poursuivre dans cette voie ?
– Notre stratégie est de rendre le métamodel d’Aris le plus ouvert possible. Les clients veulent pouvoir adapter le métamodel d’Aris à leurs besoins spécifiques et à de nouveaux standards.
En même temps, nous devons maintenir un métamodel cohérent et faire en sorte que ces adaptations ne rendent pas plus délicats les changements de version. Il nous faudra donc combiner flexibilité et cohérence.

Quel est votre avis sur la standardisation du BPM ?
– Il sera difficile d’avoir un véritable standard dans le BPM.
Il existe déjà plusieurs groupes – et nous en faisons partie – qui travaillent sur le sujet mais ils ont tous des objectifs et des niveaux différents. Ces groupes travaillent sur des standards « minimum » qui ne suffisent pas à une modélisation exploitable.

Dans le cas de J2EE par exemple, il y avait un standard et chaque éditeur (IBM, BEA…) y a ajouté des spécifications complémentaires. Le résultat est qu’une application sous J2EE-BEA n’est pas compatible sans adaptations avec J2EE-IBM.
En outre, des compagnies comme IBM ou Microsoft cherchent à imposer leur propre standard. Je pense donc qu’il est utopique de parvenir à un standard qui fasse l’unanimité.

Les clients ont besoin d’avoir de la visibilité sur l’interopérabilité des systèmes. Si on fait un parallèle avec les bases de données relationnelles, on a certes des différences entre éditeurs mais le SQL du système est commun. Pensez vous que l’on s’achemine, avec le BPM, vers une situation similaire avec un noyau à 80 % commun ?
– Oui, je pense que cette vision est réaliste. C’est la même chose avec les bases de données que nous devons supporter : Aris supporte SQL server 7 et Oracle. Il y a des différences entre les deux versions du produit mais un large tronc commun.
Je pense que ce sera pareil avec les standards de notations.

Ne pensez vous vous pas que cette multiplication de standards nuira à la lisibilité du marché ?
– Non, je ne pense pas… Qu’est ce qu’un standard ? Ce n’est qu’un ensemble de conditions. Les clients peuvent tout à fait ajouter de nouvelles conditions à un standard existant au travers de modules complémentaires.
Cependant, les standards sont importants pour les clients, ils doivent pouvoir passer d’une plateforme ou d’un métamodèle à l’autre. Je pense donc qu’un standard «minimum» est nécessaire et que toutes les notations et les logiciels devront l’intégrer.

A votre avis, quel standard va prendre le dessus ?
– Il y tellement de standards différents provenant de groupes différents que ça dépendra du marché. IBM et Microsoft y ont une forte influence…
Pour autant, je pense que tôt ou tard, le BPM aura son standard mais qu’il est impossible de dire lequel pour le moment !

Actuellement les structures de données dans les ERP ne sont pas orientées processus. Qu’en sera-il de la nouvelle génération (2ème génération) des ERP ?
– Je ne pense pas que la structure des données changera dans cette nouvelle génération. Changer cette structure, c’est changer le produit !
Le but de SAP est de s’appuyer sur les fonctionnalités existantes, ce qui suppose de conserver la structure de données actuelles. Il y aura peut-être des évolutions mais pas de révolution…

Pensez vous que des acteurs disposant d’une structure de données orientées processus, venant du workflow notamment, intégreront des fonctionnalités métiers dans leurs outils pour empiéter sur le terrain des ERP ?
– Il existe deux possibilités :
A/ les éditeurs comme SAP qui couvrent la partie métier peuvent améliorer leur capacité d’intégration.
B/ les acteurs disposant d’une structure de données orientée processus peuvent développer leur fonctionnalité métiers.
Je pense que les éditeurs de workflow peuvent tirer leur épingle du jeu sur des problématiques spécifiques. En réalité, une combinaison des deux devrait être possible.

La feuille de route de Netweaver s’étend jusqu’en 2007. Quels vont être les bénéfices des versions intermédiaires de Netweaver pour les utilisateurs de SAP et les autres ?
– Dans la première version, l’intégration ne va pas jusqu’à faire le lien entre la modélisation du processus et son exécution. Elle permet tout de même au client de rentrer dans le monde du BPM, de la modélisation des processus, d’organiser l’entreprise en conséquence et de définir les responsabilités en matière de gestion de processus.
Même si les parties modélisation d’Aris et exécution de SAP ont chacun leur référentiel, cette démarche peut être initiée dés maintenant. Il y a déjà beaucoup de choses à faire sans impacter directement sur la configuration du logiciel : définition de l’architecture des processus, les objets, les interfaces…
Ce travail pourra être réutilisé dans les versions ultérieures de Netweaver.

Pour les clients SAP, peut on considérer la plate forme Netweaver comme une plateforme d’intégration d’Aris ?
– Oui, tout a fait. Nous avons un partenariat stratégique avec SAP, et d’autres partenariats avec des sociétés comme Staffware, BMC. Nous sommes en outre capables de nous intégrer avec IBM Websphere mais sans avoir un niveau d’intégration aussi élevé qu’avec SAP.

Après le développement de nouveaux produits ces dernières années, entrez-vous dans une phase de consolidation ?
– Effectivement, nous avons multiplié les sorties ces dernières années. Le moment est venu d’être à l’écoute de nos clients et de consolider les nouvelles fonctionnalités.

Entretien avec W. Jost, responsable développement produits chez IDS Scheer