Entretien avec le fondateur de MEGA (2 ème partie)

MEGAAller au delà de l’optimisation des processus

Ce n’est pas le moindre des paradoxes de constater que l’image de marque de votre société est forte dans les domaines du système d’information (urbanisation, …) alors que vous ne nous parlez que de processus métiers dont le S.I. ne constitue qu’un des pans !
Luca De Risi – La raison principale est que MEGA existe depuis longtemps et paie en quelque sorte le succès des années Merise où l’informatique conditionnait l’organisation.
Cette perception du marché est désormais obsolète : cela fait maintenant plus de 2 ans que l’on traite en priorité de l’optimisation des processus, en s’appuyant sur les systèmes d’information. Il n’y a qu’à regarder les thématiques abordés dans nos séminaires et le profil du public qui y assiste pour s’en convaincre.

Cela tombe bien : notre site s’intéresse au Business Process Management dans son ensemble.
– Et c’était probablement le bon moment pour le lancer. Le sujet devient mature : les processus vont être de plus en plus souvent au cœur de la stratégie des entreprises. Cependant, il reste encore une marche à franchir pour que le sujet de l’optimisation des processus puisse parler à un Directeur Général.

Pour notre part, nous nous attaquons d’ores et déjà à l’étape suivante : après l’alignement des processus métiers avec les processus informatiques, comment positionner les processus métiers par rapport au business ?

Il nous manquait jusqu’à présent la capacité de transformer des modèles en chiffres. Les outils de simulation ont beaucoup progressé ces dernières années et donnent souvent des résultats spectaculaires ; ils ont par exemple été beaucoup utilisés dans les télécoms pour optimiser les débits de données.
En matière de business, la simulation prend tout son sens si elle est basée sur la modélisation <. L’objectif est de pouvoir démontrer à la Direction de l’entreprise, combien rapport 1 euro investi. Et ces simulations ne portent pas uniquement sur des problématiques de coût mais aussi de délai, de qualité.

Utiliser la simulation pour raccrocher les processus métier au Business de l’entreprise

Comment définir des indicateurs et obtenir des mesures qui ne soient pas discutables ?
– Vous avez raison de poser le problème en ces termes : si on ne le prend pas comme ça, on aboutit à des simulations qui ne veulent strictement rien dire. MEGA intègre depuis deux ans des fonctions de simulation basées sur des moyennes et, même si cela répond à certains contextes, il y a en d’autres où les moyennes donnent une fausse perception.

Aujourd’hui, nous sommes arrivés au bout de notre réflexion. Ce que MEGA veut faire, c’est combler le gap entre Business Process et Business de la même façon qu’il a fallu combler le gap entre Business Process et IT Process. . La première étape a quand même pris près de vingt ans. La seconde étape devrait être plus rapide, en particulier en France où, et c’est une spécificité nationale, on trouve souvent des DSI puissantes qui assurent le lien entre métier et technologie.

L’avenir des outils de BPM

Comment convaincre les managers français de l’apport des outils de BPM dans l’amélioration des performances ?
– Déjà, les outils de BPM se sont considérablement améliorés, notamment au plan de leur ergonomie et de leur couverture fonctionnelle (ils intègrent désormais la gestion des risques par exemple) et personnellement, je ne ressens pas de diifficulté particulière, en France, à expliquer leur apport. Ceci étant, cela reste des outils de spécialistes qui traitent de problèmes complexes.

Comment expliquer dès lors la distorsion entre le fait que ces outils concernent tous les secteurs d’activité, tous les acteurs de ces secteurs et leur faible taux de pénétration au niveau mondial et, a fortiori, français ?
– Il ne faut pas perdre de vue que les processus que l’on cherche à optimiser, ceux qui influent directement sur la performance de l’entreprise, ne sont jamais simples. Si c’est le cas, ils ont déjà été optimisés, et sans outil particulier. Quand le processus est international, implique plusieurs structures de l’entreprise, quelles que soient vos idées d’amélioration, vous avez besoin d’une réflexion très sérieuse et approfondie si vous voulez l’optimiser. Si cela passe par l’automatisation d’une partie de ce processus, vous avez encore davantage besoin d’un outil de BPM.

Ceci se traduit dans les études prospectives des analystes qui prévoient que le marché va passer en quelques années de 0,5 à 3 milliards de dollars. Cette croissance devrait bénéficier en priorité aux sociétés déjà présentes sur ce créneau. Parmi celles-ci, MEGA a une véritable carte à jouer à côté des IDS Scheer, Popkins, Casewise et consors…

1ère partie de l’entretien

Entretien avec le fondateur de MEGA (2 ème partie)