Définition et enjeux de la gestion de portefeuille applicatif

Sylvain NaudeauLe passage à l’an 2000 a été une occasion unique d’établir un inventaire exhaustif du portefeuille applicatif des entreprises. Il y a quatre ans, la crise financière mondiale a relancé cette nécessité car il devenait impératif de réduire les coûts. Les cyber-attaques récemment constatées chez bon nombre d’entreprises cotées en bourse ont obligé ces dernières à revoir leur sécurité informatique de fond en comble.

La Gestion du Portefeuille Applicatif (ou APM en anglais pour Application Portfolio Management) constitue à l’heure actuelle l’une des priorités des directions informatiques et par là même des éditeurs de logiciel tels que MEGA. L’objet de cet article est d’expliquer ce qu’est l’APM, quelles sont les entreprises qui s’y intéressent et comment celles-ci devraient l’utiliser sur le long terme.

La Gestion du Portefeuille Applicatif, un processus de gouvernance opérationnelle en trois étapes

La première étape est celle de l’inventaire. Elle consiste à collecter des informations sur les applications sous différents angles : descriptif, qualitatif, quantitatif, financier, technologique et cycle de vie.

La deuxième étape, celle de l’évaluation, consiste à mesurer la valeur métier, la couverture fonctionnelle, les conditions techniques ainsi que le coût des applications. A propos de coût, on s’intéresse aux coûts d’exploitation, de maintenance corrective et évolutive, d’infrastructure, de licences sans oublier les coûts cachés (indisponibilité du système notamment), que l’on retrouvera agrégés sous la forme d’un coût total de propriété, aussi appelé TCO (Total Cost of Ownership).

La troisième et dernière étape est celle de la transformation. Il s’agit ici d’arbitrer différents scénarios d’évolution du portefeuille applicatif.

Une fois la décision prise, la transformation est menée dans le cadre d’une gestion de projet classique.
La Gestion du Portefeuille Applicatif n’est pas un acte isolé comme a pu l’être le passage à l’an 2000. C’est un processus continu et itératif qui doit être déclenché de façon régulière. Les meilleures pratiques suggèrent un cycle annuel. Du point de vue de la gouvernance, on veillera également à ce que la démarche APM soit fortement corrélée avec la stratégie de l’entreprise et les politiques qui en découlent.

Gestion du Portefeuille Applicatif

Trois niveaux de maturité au sein des entreprises

Aujourd’hui les entreprises qui cherchent une solution d’Application Portfolio Management partagent le plus souvent les mêmes caractéristiques. Elles sont globales mais opèrent de façon décentralisée. Renforcer la démarche APM en central et la piloter de façon globale est une nécessité. L’organisation décentralisée ne saurait être remise en question. Bien au contraire, c’est aux organisations régionales que revient la mise en oeuvre de la démarche. Certaines d’entre-elles sont parfois beaucoup plus avancées que d’autres.

Ces entreprises globales sont le résultat de multiples fusions et acquisitions qui ont conduit à un paysage applicatif important et dispersé. La non-intégration et la redondance des solutions sont légion. Il a y un véritable besoin d’inventaire. La majorité des entreprises en sont à cette étape.

La deuxième étape correspond au besoin de rationalisation. La mesure de la valeur, des coûts, des risques et la sécurité technologique du portefeuille d’applications sont les maîtres mots de l’évaluation. Quelques entreprises en sont à ce stade, parfois une entité régionale seulement.

Enfin il y a un besoin d’organiser la transformation. Les outils de simulations de scénarios et le schéma directeur sont recherchés. C’est ce vers quoi tendent toutes les entreprises.

Gestion du Portefeuille Applicatif

Une contribution à la recherche de l’excellence opérationnelle

Dans un monde régi par une concurrence globale, les entreprises recherchent plus que tout à aligner les systèmes d’information avec les métiers afin de faciliter les stratégies de développement et de permettre le lancement de produits et services en temps et en heure. Qui plus est, à une époque dominée par une crise financière sans fin, les entreprises cherchent à réduire leurs coûts en optimisant leurs stratégies d’investissement à moindre budget.

L’abondance technologique comme la redondance et/ou la non-intégration des systèmes contribue à des problèmes opérationnels tels que la complexité des processus menant à leur tour à des lancements retardés de produits et services. L’abondance technologique comme la répétition ou l’obsolescence des données mène à des processus coûteux et inefficaces qui chargent les opérations.

Grâce à l’APM, la simplification des infrastructures contribue à la diminution des risques opérationnels et au déploiement sans effort des stratégies de développement. Grâce à la APM, l’optimisation des données contribue à l’excellence opérationnelle qui elle-même permet l’exécution de stratégies d’investissement efficientes.

Voici les arguments et messages clés que toute direction informatique peut utiliser auprès de sa direction générale afin de promouvoir le retour sur investissement qu’une solution d’Application Portfolio Management devrait apporter à son entreprise.

Auteur : Sylvain Naudeau, Consultant chez MEGA

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