Comment le Cloud Computing va-t-il transformer l’entreprise ?

Gaël HérentA l’occasion du symposium organisé par le Club Urba-EA et le Club des Pilotes de Processus sur le thème « Le Cloud-Computing, ses impacts sur l’Architecture d’Entreprise et sur le Pilotage par les Processus« , un grand nombre de professionnels nous ont présentés leur retour d’expérience.
Après une rapide introduction du concept, voici les informations marquantes.

Le Cloud-computing, en clair

D’après le NIST, le Cloud-Computing répond à la définition suivante :
– C’est un modèle d’accès à des ressources informatiques partagées et configurables (par exemple : réseaux, serveurs, stockage, applications et services), depuis un accès réseau, à la demande, de manière simple, à partir n’importe quel type d’appareil et depuis n’importe quel endroit.
– Ces ressources sont disponibles rapidement et opérationnelles avec un minimum d’efforts et d’interaction avec le fournisseur de services.
– Le modèle du Cloud-Computing met en avant la disponibilité.

Le paradigme Cloud-Computing :
– Self-service à la demande : un utilisateur peut accéder à du stockage ou du temps processeur sans contacter le fournisseur
– Accès multiplateforme : utilisation de client hétérogènes (ex : smart phone, tablette, ordinateur portable,…)
– Gestion des ressources sous forme de pool : mutualisation des plateformes physiques sous forme de ressources virtuelles assignées dynamiquement aux utilisateurs
– Commissionnement et dé-commissionnement rapide : capacité du système à étendre ou diminuer les ressources rapidement en cohérence avec sa sollicitation
– Consommation mesurée : le coût est calculé en fonction de l’utilisation du service

Il existe plusieurs typologies de Cloud-Computing, en fonction :
– De l’accessibilité :
– Publique : accessible à tout le monde
– Privé : accessible uniquement en interne
– Hybrid : accessible en interne avec possibilité d’étendre vers l’externe
– Communautaire : accessible à un ensemble d’entreprises mais non accessible au publique
– Du service fourni :
– Saas : mise à disposition d’une application accessible par une interface web
– Paas : mise à disposition d’une plateforme de développement
– Iaas : mise à disposition d’une infrastructure technique Nous évoquerons ici le Cloud-Computing de type Saas.

Le Cloud-Computing et l’entreprise

Le Cloud-Computing est une des réponses techniques possible à un projet d’évolution du SI. Alors, pourquoi effectuer ce choix plutôt qu’un autre ? Comme souvent, la question se pose sous forme de valeur : »Quelle est la valeur de ce choix pour mon entreprise ? » La réponse se trouve dans la compréhension du métier que cette solution mettra en œuvre.

C’est ici qu’apparaît la notion de processus, de formalisation d’un existant et/ou d’une cible afin d’en analyser sa contribution aux objectifs stratégiques de l’entreprise mais aussi son contexte. Et c’est ce contexte qui nous permettra d’identifier les risques auxquels l’entreprise s’expose en externalisant l’infrastructure supportant ses processus, tout en nous éclairant sur le périmètre nécessitant le plus d’agilité pour répondre à des évolutions réglementaires rapides mais aussi à la variation des besoins clients. Puisque par définition, le Cloud-Computing permet un commissionnement/dé-commissionnement rapide.

Cependant, le besoin d’agilité n’est bien entendu pas le seul critère pour le choix d’un processus à externaliser.

La nature collaborative du Cloud-Computing facilite en effet l’implémentation des processus les plus transversaux à l’entreprise étendue. Il sera ainsi aisé de faire collaborer plusieurs entités, partenaires, fournisseurs ou même unités géographiquement réparties de manière transparente. Ces points sont donc les principaux facteurs de succès dans le choix des processus à externaliser.

Toutefois, outre les jeunes pousses attirées par les gains financiers qu’apportent des projets rapidement mis en œuvre, et la nécessité d’un investissement en infrastructure réduit, les sociétés de taille plus importante, ayant un existant applicatif substantiel, devront nécessairement apporter une vigilance toute particulière aux capacités d’intégration des solutions Saas.

Car de par le modèle économique du Cloud-Computing – la même solution pour plusieurs clients et son pendant, la personnalisation par paramétrage – l’ajout d’une rustine spécifique à un client afin d’éventuellement lui permettre de synchroniser l’outil Saas avec des applications internes n’est pas envisageable. L’entreprise sera donc dépendante de l’évolution des capacités d’interconnections de l’offre Saas utilisée. Néanmoins, les fournisseurs offrent maintenant de nombreuses solutions : Mashup appelant les services SOA des applications internes, synchronisation en batch sur HTTP, outils Saas spécialisés dans la gestion de workflow offrant des connecteurs vers une multitude d’applications qu’elles soient hébergées en interne ou sur le Cloud… Et à cela s’ajoute la concentration des offres ! Nous sommes donc passés d’une aire d’offres Saas en silos à des offres Saas plus ou moins intégrables qui, si elles ne répondent pas encore totalement aux besoins de l’organisation, le feront certainement prochainement !

Autre considération technique, la gestion des données. Celles-ci sont maintenant tributaires du bon fonctionnement des infrastructures et des outils de sauvegarde du fournisseur, comme nous le rappelle la douloureuse expérience d’Amazon EC2. Outre l’indispensable mise en place de solutions techniques à intégrer dans les Plans de Reprise d’Activité (PRA) et Plans de Continuité d’Activité (PCA), il devient indispensable d’étudier au plus près le contrat passé avec ce fournisseur Cloud. Or, les contrats génériques proposés sont rarement alignés sur ceux passés en interne avec les métiers, et seul un client de poids, au prix d’une longue négociation, pourra infléchir la position du fournisseur et introduire des clauses particulières en lien avec celles proposées en interne et, éventuellement, en accord avec la CNIL selon la typologie des données externalisées.

Ces différents points modifient les procédures de définition et de gestion des services que la DSI peut offrir puisqu’ils impliquent la mise en place d’une structure de gouvernance de la relation contractuelle avec le fournisseur intégrant des profils juridiques.

Le Cloud-Computing, une solution métier plus qu’une solution technique

Un projet d’évolution du SI débouchant sur le choix d’un fournisseur Cloud est avant tout un projet comme un autre. Le point de départ reste les objectifs de l’entreprise et les besoins des parties prenantes et non un choix technologique. Ainsi, sa facilité de mise en œuvre ne doit pas nous détourner de son but premier ; servir ces objectifs de même que les exigences des parties prenantes.

Comme le Cloud, le résultat de tout projet a un impact d’ordre organisationnel, technique, juridique et financier sur l’entreprise que le pilotage par les processus et l’architecture d’entreprise permettront d’appréhender sereinement.

Auteur : Gaël Hérent – Consultant et Urbaniste du SI chez BPMS

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