Cartographier pour urbaniser le système d’information (SI)

Dans un projet de cartographie visant à l’urbanisation du Système d’Information, le travail de structuration en amont est déterminant pour adopter le bon périmètre et un niveau de granularité pertinent.

La nature et la qualité des informations à gérer dans un référentiel de cartographie doivent correspondre à un ‘juste nécessaire’ afin de répondre aux sollicitations pressantes des acteurs du S.I sur l’état réel du patrimoine applicatif, les incidences en cas d’évolution métier ou technologique.

La fiabilité et la pérennité, à long terme, du « juste nécessaire » ne peuvent être assurées que par la double exigence d’une compréhension continue des services attendus de la cartographie en matière d’analyse d’impact, et du respect, par les différents contributeurs, des procédures de collecte d’informations et d’enrichissement de la cartographie.

La définition de ce ‘juste nécessaire’ est fondamentale car il repose à la fois sur des contraintes budgétaires liées à l’investissement initial, au fonctionnement projeté dans le futur (Qui collecte les infos ? Qui construit les cartes et pour quelle utilité ? Qui valide et publie les cartes ? …) et surtout sur la culture de l’entreprise. Il faut caler le dispositif sur ces contraintes :

– Faut-il que tous les acteurs de la maîtrise d’ouvrage ou de la maîtrise d’œuvre soient formés à la démarche outillée ?

– Quels services doit rendre la cartographie, selon quelles priorités et dans quels délais ?

– Faut-il rechercher une couverture cartographique en profondeur pour certains domaines fonctionnels ou favoriser plutôt une couverture large mais peu profonde, tous domaines confondus ?

– Est-il indispensable de lancer un chantier préalable pour cartographier l’existant ou faut-il les faire par projet ?

La réponse à ces questions est éminemment relative au contexte de l’entreprise :

– Existe-t-il des projets phares qui seront les locomotives du projet d’urbanisme ?

– Existe-t-il des modèles de référence (Processus, Fonctionnel, Informationnel, …) qui permettront de tirer au plus vite la couverture des projets ?

– Existe-t-il un plan de communication qui sensibilisera les différents acteurs sur les atouts et bénéfices de la mise en œuvre d’un référentiel de cartographie du patrimoine de l’entreprise ?

– Existe-t-il des structures en place avec lesquelles les urbanistes ou les contributeurs doivent compter ?

– Faut-il adapter la méthode de conduite de projet pour prendre en compte les phases, étapes, les livrables (ou les cartes à réaliser) et vérifier leur conformité au regard des règles d’urbanisme et d’architecture applicables ?

Il ne faut pas non plus négliger que le référentiel de cartographie doit contenir ce « juste nécessaire » et laisser aussi le soin à d’autres outils spécialisés de remplir leur office. En définitive, de nombreux besoins peuvent émerger d’un tel chantier mais faut-il pour autant adresser tous ces besoins immédiatement ?

A l’ère des projets au retour sur investissement rapide, le projet d’urbanisation s’inscrit dans une durée plus importante. Mais peut-on pour autant exclure qu’il doive aussi répondre à des exigences plus immédiates ? Pour réussir un tel projet, il est indispensable de se projeter le plus possible dans les phases de déploiement afin d’identifier les priorités qui dicteront les choix amonts.

En dernier lieu, comme pour tout projet structurant et transverse, il est incontournable d’accompagner les contributeurs de façon à passer outre le syndrome de la page blanche et développer une image positive de l’utilisation de la cartographie par les services qu’elle rend effectivement.

L’urbanisation du système d’information pourra alors se développer en prenant appui sur un outil qui lui est indissociable : la cartographie du Système d’Information.

Auteur : Emmanuel Songo, Consultant Senior Nomia

Cartographier pour urbaniser le système d’information (SI)