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Zachman : un des cadres méthodologiques d’une approche processus Version imprimable
11-03-2008
Décider de commencer une démarche Processus peut sembler une gageure… Par quels processus commencer ? Comment décrire les processus ? Comment organiser le référentiel ? Ce sont autant de questions que se posent les entreprises avant ou pendant un projet processus.

Un cadre méthodologique quel qu’il soit devra pouvoir répondre à ces questions.


Il existe deux grands types de méthodes, les méthodes indépendantes des outils (Zachman, MDA, TOGAF…) et les méthodes liées à des éditeurs d’outil de Modélisation de processus (Business Process Analysis).


Nous allons décrire ici un des cadres les plus utilisés dans les pays anglo-saxons et souvent pris en charge par les outils de BPA
.

 

Présentation générale de la démarche

C’est en 1987 que John Zachman, employé d’IBM, propose une méthode de représentation de l’architecture système d’une entreprise. Véritable portail d’accès aux référentiels de l’entreprise, le cadre Zachman (Zachman Framework).

L’idée étant qu’une entreprise n’a pas qu’une seule architecture, mais plusieurs suivants différents points de vue et à différents niveaux. Depuis son premier article, John Zachman a retravaillé sa représentation. La voilà telle qu’elle apparait aujourd’hui.

Le cadre de Zachman est un schéma à deux dimensions qui représente l’entreprise :

- La dimension horizontale contient 6 types de groupes qui utilisent 6 types de modèles. Le haut des lignes représente la partie conceptuelle de la représentation de l’entreprise alors que la partie basse est plus concrète.
- La dimension verticale est basée sur 6 interrogations de base : Quoi, Comment, Où, Qui, Quand et Pourquoi.


   

 

La dimension horizontale – les points de vue


Portée (contextuelle)
(Scope (contextual)) - Le point de vue du planificateur
Cette ligne décrit les modèles, l’architecture et les représentations qui correspondent aux limites de l’organisation concernée.

Modèle métier (conceptuel)
(Business Model (conceptual)) - Le point de vue du propriétaire
Cette ligne décrit les modèles, l’architecture et les représentations utilisés par les propriétaires des process métier. Elle se concentre sur les utilisations habituelles d’un produit.

Modèle système (logique)
(System model (logical)) - Le point de vue du concepteur
Cette ligne décrit les modèles, l’architecture et les représentations utilisés par les ingénieurs, architecte et toutes personnes qui doivent arbitrer entre les besoins et ce qui est techniquement possible de faire.

Modèle de technologie (physique)
(Technology model (physical)) – Le point de vue du constructeur
Cette ligne décrit les modèles, l’architecture et les représentations utilisées par les techniciens, les ingénieurs et les contractants qui modélisent et créent les produits.

Représentation détaillée (hors contexte)
(Detailed representations (Out-of-Context Perspective) – Point de vue des sous-traitants
Cette partie décrit les différents éléments inclus dans le produit final (ex. : composants logiciels). Pour les développeurs de logiciel, cette partie correspond à l’intégration de module ou de composant en provenance de l’extérieur.

Le fonctionnement de l’entreprise (the functioning enterprise)

Cette partie représente la réelle mise en œuvre des éléments, c’est l’existant dans toute sa complexité.

La dimension verticale – Les abstractions


Chaque vision est définie par plusieurs questions. Ces 6 questions résument les questions que se posent fréquemment les personnes lorsqu’elles essaient de comprendre.


Le Quoi ? (Données) En quoi est-ce fait ?

C’est la composition du produit. Dans le cas d’un logiciel, il s’agit des données. Zachman propose pour chaque colonne, un modèle d’illustration. Ici : Objet – relation – Objet

Le Comment ? (Fonctions) Comment ça fonctionne ?

Cette colonne correspond au fonctionnement et à la transformation du produit. Le modèle proposé par Zachman est le suivant Processus – Entrée/Sortie – Processus

Le Où ? (Réseau) Où sont les éléments les uns par rapport aux autres ?

Cette colonne s’intéresse à l’emplacement et aux connexions du produit. Le modèle est : Nœud – lien – Nœud

Le qui ? (Personnel) Qui fait quoi ?

Cette colonne correspond au personnel, aux manuels, aux procédures qui leur sont utiles pour faire leurs tâches. Le modèle est Acteur – Tache – Acteur.

Le quand ? (Temps) Quand se produisent les choses ?

Cette colonne concerne les cycles de vie, les durées et les programmes qui sont utilisés pour contrôler l’activité. Le modèle est Événement – Cycle – Événement.

Le pourquoi ? (Motivation) Pourquoi les événements arrivent-ils ?

Cette colonne correspond aux objectifs, plans et règles qui guident l’organisation. Le modèle est Finalité – Moyens – Finalité.

Chaque cellule décrit une architecture, un modèle, une représentation ou une description qu’une organisation peut documenter. Il est possible de décrire chacune de ces cellules indépendamment les unes des autres, mais il existe des liens entre ces cellules. En effet, chaque ligne décrit un point de vue et chaque colonne est basée sur le même type d’élément.


Cette matrice est une solution élégante pour décrire l’entreprise. Elle a aussi le mérite de donner un cadre à sa description. Une approche BPA/BPM pourra couvrir grâce aux représentations adéquates les 3 premières lignes de la matrice (en Bleu).
Le BAM, la partie inférieure de la matrice (en vert).

On peut noter que cette approche permet de décrire la temporalité, notion difficilement modélisable dans les autres approches.


Ce qu’il faut retenir

Un cadre adapté à la structuration du référentiel d’entreprise…


La structuration d’un Référentiel processus suppose une approche selon deux dimensions : le prisme d’analyse et le niveau de détail. Le prisme définit l’angle selon lequel on décrit et correspond aux colonnes du modèle de Zachman, le niveau de détail correspondant globalement aux lignes. Quand on se place à un niveau macro, le modèle est forcément orienté métier et se veut indépendant des outils et technologies mis en œuvre.


Toute Cartographie se trouve donc nécessairement au croisement de ces deux axes, un même modèle ne pouvant traduire tous les prismes et tous les niveaux de détail. De ce point de vue, le modèle de Zachman répond à ce besoin d’organisation du référentiel dans lequel tout modèle doit pouvoir se situer clairement au sein du damier.


On notera également qu’en superposant clairement les niveaux métier, logique et physique, ce cadre est compatible avec les standards d’urbanisation du système d’information selon lesquels, les vues métiers, fonctionnelles, applicatives et techniques apparaissent comme autant de couches superposées devant être mises en cohérence.


…pas à l’organisation de la navigation au sein de celui-ci


De là à en faire le principal point d’entrée du référentiel d’entreprise, il y a un pas. Parce qu’il vise à couvrir l’intégralité des prismes, le modèle de Zachman présente de nombreuses « cases » destinées aux seuls informaticiens. En faire la page principale d’un référentiel d’entreprise destiné à être partagé par tous n’est donc pas la meilleure façon de rendre ce référentiel abordable et lisible par les acteurs métier.


Il est donc préférable de définir les points d’accès aux modèles en fonction des populations visées et du contenu accessible : pour retrouver les procédures qu’il doit suivre, un collaborateur trouvera plus naturel de partir de son département ou de son poste de travail. Pour peu que cette notion soit associée à son profil, il accédera directement aux modèles qui le concernent.


Guillaume Decalf

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J.F Pirus

BPMS.info




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