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Le développement durable au coeur du système de pilotage Version imprimable

 I. Le développement durable


Qu'est-ce que le développement durable ?

Le pouvoir des citoyens responsables La définition du développement durable proposée par le rapport Brundtland de 1987 est la plus souvent retenue :
"Le développement durable (Sustainable development) répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs..." (1)

En français, Sustainable development a été traduit par développement durable.
Les termes développement (sous-entendu économique (2)) et durable ne sont pas vraiment faits pour être rapprochés. Il serait préférable d'utiliser le terme de développement soutenable, traduction plus mot à mot de l'anglais (en espagnol on parle de desarollo sustenible).

Malgré la précision du concept (voir la définition complète (1)), les opportunistes n'ont pas hésité à galvauder la notion pour y faire entrer n'importe quoi, du slogan publicitaire à la déclaration politique la plus racoleuse en passant par les gesticulations électorales compassionnelles.

Pourtant, en tout cas en ce domaine, il n'est pas vraiment utile de persister à nous vendre des salades. Pris individuellement, l'homme est raisonnable. A part quelques hurluberlus pseudo-scientifiques, nous sommes quasiment tous convaincus de l'épuisement des ressources (3), du réchauffement planétaire et de l'accélération de la pauvreté des pays du sud. Nul besoin de nouvelles démonstrations. Le stade de la prise de conscience est déjà atteint.

Mais seulement voilà. Il y a le sacro-saint taux de croissance. Et l'augmentation du taux de croissance, d'environ 2,2% minimum selon les experts, c'est la réduction du chômage. Paraît-il en tout cas.

Alors comment faire ? Ce ne sont pas vraiment les vernis de type pacte écologiste ou engagement pour l'environnement qui seront susceptibles de provoquer un passage à l'acte généralisé et significatif (voir la question du protocole de Kyoto : Le protocole de Kyoto, fruit du travail des négociateurs des 180 pays adhérents de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, est un plan de réduction des émanations de gaz à effet de serre afin de limiter le réchauffement climatique.

Un seuil d'émanation cible a été attribué à chaque pays. Proposé à la ratification depuis 1998, il n'est toujours pas ratifié par l'ensemble de ses membres (États-Unis et Australie entre-autre).)

Ne nous méprenons pas. Un industriel pourra ainsi être tout à fait d'accord avec le constat écologiste. Seulement il vous dira oui, moi je veux bien, mais je fais comment avec la concurrence si mes coûts de production augmentent ? On fait comment avec l'emploi dans la région si je dois licencier ? Toujours l'éternel chantage au chômage.

Le changement, est plutôt à chercher du côté des nouveaux acteurs. Le public lui-même. A travers ONG (Rio 1992), actions citoyennes et class actions (affaire Kasky vs Nike) ou actions spontanées et systématiques (OGM), Le public prend position et exprime son désaccord avec une culture du profit faisant fi des valeurs morales, sociales ou écologiques.

Ce type d'action collective et massive est bien plus à même de faire sérieusement bouger les choses. En effet, le public, ce sont aussi les clients. Et c'est bien la question économique qu'il s'agit de pointer là. Le boycott ou la perte de notoriété avec la dégradation d'une image de marque chèrement acquise sont autant d'outils infaillibles à la disposition des citoyens responsables et pleinement informés.

Du point de vue de l'entreprise, il est urgent de réviser la définition de la performance et de rompre cette équation simpliste : "améliorer la performance, c'est augmenter la productivité". La performance peut être et doit être envisagée différemment.

(1) Le développement durable répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d'accorder la plus grande priorité, et l'idée des limitations que l'état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l'environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.

Au sens plus large, le développement durable vise à favoriser un état d'harmonie entre les êtres humains et entre l'homme et la nature" Rapport Brundtland

2) Économique oui. A moins d'espérer une nouvelle définition du PIB Produit Intérieur Brut qui intègrerait d'autres paramètres de progrès lire à ce sujet l'excellent petit livre les nouveaux indicateurs de richesse

(3) L'entrée prochaine dans la cour des grands des pays du sud comme la Chine, l'Inde ou encore le Brésil (plus de 2,5 Milliards d'habitants) est aussi quelque part le déclencheur de la prise de conscience écologique. Tant que l'Occident étendu au Japon était seul à profiter des ressources, tout allait pour le mieux…

II. Le tableau de bord du développement durable


Les axes du développement durable

Le développement durable est habituellement exprimé ainsi : "concilier protection de l'environnement, efficacité économique et équité sociale". Décliné au niveau de l'entreprise dans le cadre de la RSE Responsabilité Sociale de l'Entreprise, on parle alors de Triple Bottom line (People, Planet, Profit) et la performance en matière de développement durable s'exprime selon 3 axes.

1 Environnemental ("Planet") :
Respect des écosystèmes quelle que soit l'activité de l'entreprise. Contrôle du réchauffement climatique (gaz effets de serre), gestion active des ressources naturelles renouvelables, maîtrise de l'utilisation des ressources fossiles (donc épuisables), traitement des déchets, des toxiques, Maintien de la biodiversité naturelle, garantie de la disponibilité et de la Qualité de l'eau...

2 Social ("People") Respects des fondamentaux sociaux et humains quelle que soit la localisation de l'activité : conditions de travail, salaires, non-discrimination, sécurité. Ni exploitation, ni mise en danger des salariés ou de la communauté environnante. Contribution au développement.

3 Économique ("Profit") Quête légitime du profit mais en respect de règles éthiques élémentaires comme celui des règles de saine concurrence, le rejet de la corruption et pourquoi pas l'aide au développement local.
Voir aussi Not Just For profit.

Respecter le Capital naturel (Natural Capital) tout comme le capital humain (Human Capital).

L'idée bien sûr est de cesser de se focaliser exclusivement sur la performance financière et de prendre en compte les aspects et impacts humains et environnementaux dans leur globalité.

Cette définition pourrait aussi être interprétée comme la volonté de continuer à réaliser le maximum de profit mais, c'est le mais qui est important, en limitant les dommages causés aux écosystèmes et en respectant les règles éthiques pour les humains, employés ou non (voisinage de l'entreprise, consommateurs...).

En tout cas, le point essentiel est la responsabilité de l'entreprise.

Le tableau de bord du développement durable

Quelle performance ?

Un tableau de bord de pilotage, lorsqu'il est bien conçu, ne se contente pas de refléter un seul aspect de la situation. La performance financière n'est pas, et de loin, l'unique critère à suivre.

La performance financière doit être contrebalancée avec les autres aspects, les autres intérêts en jeu. Cette approche est déjà le propre de la méthode Gimsi (Les 7 axes de performance de la méthode Gimsi) ou Gimsi lite (tableau de bord d'un "seul coup d'œil").

Conscient de cette exigence de conception et en suivant les étapes de la méthode, le tableau de bord de type "développement durable" pourra être conçu en respectant les trois axes du Triple Bottom Line environnemental, social et économique.

Dans cet ordre. Nous sommes tous concernés !

En pratique, le "tableau de bord du développement durable" est partie intégrante du tableau de bord de pilotage de chaque responsable comme le présente le schéma de la méthode Gimsi.

L'axe développement durable se doit d'être présent sur l'ensemble des tableaux de bord, quel que soit l'activité ou le projet en cours. A fortiori lorsque le projet est justement d'une portée écologique ou sociale !

Seconde partie de l'article


Alain Fernandez, consultant indépendant
Site : Piloter.org

 




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