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Magic Quadrant 2011 de l’Architecture d'Entreprise : Une réforme commerciale et identitaire Version imprimable Suggérer par mail
27-12-2011

logo-gartner.pngLe contexte dans lequel se positionne ce Magic Quadrant de l'Architecture d'Entreprise 2011 est, selon Gartner, celui de la consolidation et de l'évolutivité des produits. Les seize éditeurs passés à la loupe témoignent selon les analystes d’une gamme d’outils plus étendue, allant du shareware couvrant une niche particulière au Tout-en-Un déclinant des fonctionnalités robustes.

 

Cet élargissement de l’offre reflèterait une adoption de l’Architecture d’Entreprise, plus marquée depuis 3-4 ans, à cause des besoins immédiats provoqués par les adversités économiques, mais également un glissement du BPM vers le BPA, la Modélisation des Processus métier cédant sa prédominance à l’analyse, et maintenant à la collaboration, la Gouvernance et la Gestion des risques. Cette ramification fait état d’une implantation plus mature dans les entreprises, entraînant des besoins subséquents pour lesquels certains éditeurs tirent la technologie pertinente d’autres périmètres. Ainsi, présents en Architecture d’Entreprise, Casewise, MEGA ou Software AG , ont également été mis en avant dans les Magic Quadrants de la Gestion des Risques et Conformité, ou du BPA.

 

 

Une redéfinition par la marge

 

Quelle sera l'AE à venir ?Cependant, le rapport de Gartner souligne que les acteurs principaux ne sont pas prescripteurs de l’évolution du secteur EA, puisque les distributeurs d’Open Source ou Shareware, les "Innovateurs perturbateurs" amènent de nouvelles perspectives qui influencent l’offre des Leaders. Ces éditeurs proposent des solutions d’entrée de gamme qui font néanmoins entrer l’Architecture d’Entreprise par plusieurs portes : Comme introduction aux outils de gestion des référentiels, comme référentiel pour gérer les modélisations et documents réalisés, ou en tant qu’outil supplémentaire disposant de fonctions de modélisation basiques. Ce dernier aspect est motivé par le faible coût de déploiement, pour un outil qui sert à modéliser les premières phases d’un projet, avant exportation vers des outils riches pour analyse et validation.

 

L’incursion de ces outils, redéfinit la dynamique du marché EA car elle l’ouvre à des produits low-cost, articulés autour d’une fonction principale, dont la simplicité est plus attrayante pour les utilisateurs que les outils complexes des grands éditeurs, lorsqu’il s’agit entamer un projet. Qui plus est, et parce que ces outils préliminaires parviennent à satisfaire les besoins essentiels d’une entreprise, ils ont contraint certains leaders à fragmenter leur offre afin de rester compétitif sur plusieurs échelles.
Le rapport met d’ailleurs en évidence un comportement client, qu’on peut relier à cette perturbation du marché, où une entreprise privilégiera un outil "adapté" aux besoins et compétences de l’équipe d’urbanisation, intégrant fonctions de modélisation et de partage, plutôt qu’une solution Tout-en-Un haut de gamme.

 

Gartner observe que parallèlement, les efforts des éditeurs pour repositionner l'Architecture d'Entreprise comme outil de planification métier et pas seulement IT a pu aider certains acteurs à surmonter le scepticisme des professionnels. Toutefois, ce recadrage métier des structures orientées IT, et les nouvelles terminologies telles que "Architecture Stratégique" ou "Valeur Métier", devront couvrir les problématiques de gouvernance, de mesures ou de travail collaboratif que les clients posent actuellement. Le rapport estime que les éditeurs devront affirmer ce revirement au-delà de la manœuvre marketing, s’ils veulent rester crédibles auprès des clients. Une crédibilité que les acteurs de niche cultivent de leur côté au travers de leur spécialisation, faisant de leur expertise un facteur de pertinence pour des entreprises dont ils couvrent l’activité.

 

 

Des leaders en quête de pertinence

 

Quel est le classement 2011 ?Le palmarès de cette année, établi à partir de la représentation graphique du Magic Quadrant, classe de la manière suivante les principaux acteurs en Architecture d'Entreprise :
1 -
MEGA
2 - IBM
3 - Troux Technologies
4 - Alfabet
5 - OpenText/Metastorm
6 - Casewise
7 - Software AG
8 - BIZZdesign
9 - Avolution
10 - MooD International

 

Le secteur des "Leaders", ceux que Gartner considère comme les plus stables et les plus innovants a donc vu de nouvelles entrées, tels Casewise et BIZZdesign, alors que d'autres sont passés dans la catégorie des visionnaires, comme Avolution et QualiWare.
La population de cet espace est particulièrement dense, et MEGA affiche une progression qui tendrait à occulter l’avancée de Casewise, qui peut maintenant se réclamer d'offrir des solutions BPA et EA de Qualité équivalente, et la stabilité de Software AG, pour qui le rachat d'IDS Scheer a permis d'accroître sensiblement le facteur visionnaire dans chaque rapport.

 

Les acteurs majeurs de l’EA sont rassemblés dans un carré qui exprime néanmoins, en dépit de leur apparente assurance, toutes les hésitations de l’industrie. Si l’on s’intéresse aux mises en garde du rapport, on discerne alors des stratégies divergentes, qui attestent d’un cloisonnement entre IT et métier, que les éditeurs affrontent en première ligne.

 

Les reproches portent principalement sur les démarches inabouties : Là où un acteur négligera des parties prenantes aussi importantes que les dirigeants ou les responsables des risques, un autre aura des faiblesses en gestion du portefeuille ou du SI.
Conjointement, la complexité des outils, imposant une courbe d’apprentissage trop raide, ou les flottements d’un support utilisateur, sont identifiés comme des défauts chroniques chez les éditeurs d’EA. Des services de conseil sont par conséquent proposés, mais ne résolvent pas pour autant les obstacles fonctionnels intrinsèques.

 

Autre critique récurrente : La cohérence des stratégies. Entre l’éditeur qui tente de pousser sa plateforme auprès des clients sans en avoir terminé l’intégration avec ses produits, celui qui morcelle trop son offre, faute de maturité dans son ciblage, et celui qui recherche la satisfaction immédiate du client, limitant les réponses aux éventuels besoins connexes, on ne peut que constater les directions disparates d’un secteur sous pression.

 

 

L’enjeu technologique, une inconnue perturbatrice ?

 

magic-quadrant-2011-innovation.pngAucun des éditeurs "Leader" n’est donc en pleine possession des tendances qui orientent le maché, et devant une mutation profonde qui implique la réforme de l’offre, des outils et du message, le Gartner évoque une accentuation du phénomène de consolidation.

Chacun communique abondamment depuis la parution du rapport, sur sa place au sein du Magic Quadrant, mais la prochaine génération de services et plateformes, amenées par le Cloud Computing, pourrait bouleverser cet ordre et lancer d’autres initiatives perturbatrices issues du carré des visionnaires.

 

 

Auteur : Rémi Vermont – BPMS




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