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La stratégie 2012 de Software AG : L'intime conviction du Cloud Version imprimable Suggérer par mail
09-12-2011

Press Day Software AG 2011

 

A l'occasion du Press Day organisé par Software AG, nous avons pu assister à un faisceau de présentations qui nous ont exposé la direction que l'éditeur compte prendre d'ici fin 2012, aussi bien sur le plan technologique que marketing. Des axes qui font actuellement débat au sein de l'industrie, car ils concernent l'éclatement ou la dématérialisation de l'outil.
Partant d'une réflexion similaire à celle d'autres acteurs du secteur BPM/BPA, soit la résolution des frictions entre IT et utilisateur, entre technologie et activité, dans le but de rendre l'entreprise plus agile, Software AG est arrivé à une conclusion articulée autour de l'outil.


Pour comprendre cette orientation, il faut se pencher sur la manière dont l'éditeur s'est défini, dans une période de consolidation. Sa croissance, détaillée en courbes et histogrammes empilés par Anrd Zinnhardt, son Directeur Financier, est en effet le fruit de rachats raisonnés et d'une diversité de l'offre, qui ont permis de traverser les années de crise en attirant de nouveaux clients.
Cependant, comme M. Zinnhardt l'observe lui-même "Une croissance organique n'est pas suffisante dans un marché en consolidation, le développement du secteur ne peut jamais être prédit avec certitude", et les acquisitions, espacées de 2 à 4 ans, compensées rapidement, sont autant une mesure de précaution pour se prémunir d'un rachat en limitant les liquidités, qu'un investissement R&D.

 

 

Faire rimer "Lean IT" avec "Agility", quel qu'en soit le prix

 

Press Day Software AG 2011Les incorporations d'IDS Scheer et de Terracotta dans le groupe ont ainsi donné à Software AG des outils qui ne lui ont pas seulement permis d'occuper l'espace du Business Process Excellence, mais également de placer des outils qui prédisposeraient les clients aux changements à venir.
Car dans sa présentation "Business meets IT" Karl-Heinz Streibich, PDG de l'éditeur, a souligné les dysfonctionnements entre ingénieurs et entrepreneurs. En rupture sur les terminologies, sur les méthodes, les logiques de Processus, ils ne pourraient alors être unifiés que par un outil modulaire qui réponde précisément aux besoins de chaque groupe et les réunisse sur une même plateforme pour le bien du projet commun.

 

Par opposition à un nivellement par l'outil unique Tout-en-Un, M. Streibich croit que l'éclatement de l'outil, l'unbundling, pourra rétablir la couche d'agilité en désolidarisant les silos d'application. Il attribue cette approche au marché américain, chez qui la donnée est séparée en tronçons pertinents de Big Data, entre analytique et transactionnel, animés par une logique de processus. "Un collier de perles reliées entre elles par un fil de processus", selon l'image employée par M. Streibich.

 

Ne serait-ce que par cette volonté de segmenter son offre, l'éditeur suit une tendance émergente chez les distributeurs d'OEM, y compris chez Microsoft, où l'on tend à éliminer le "crapware", c'est à dire toute application jugée inutile d'un point de vue utilisateur. La croissance du Software as a Service et des outils à la carte confirme que les clients ne veulent que des fonctions pertinentes, ce qui amène des réponses logicielles divergentes:
- soit un outil dont on n'a préservé que les fonctions vitales au cœur de métier principal, sur lequel on greffera d'autres outils complémentaires pour satisfaire les besoins.
- soit une suite dont on n'a gardé que les fonctions les plus populaires tous métiers confondus, pour vendre ensuite, en modules, des fonctions étendues.

press-day-slide2.jpgLa pertinence s'exprime donc encore selon ces deux points de vue en friction dans l'entreprise, respectivement Business et IT, et Software AG semble partagé entre sa philosophie résolument IT et la nécessité d'accorder plus d'autonomie à l'utilisateur.
Ce qui l'amène à cette stratégie délicate de la dématérialisation, car pour soutenir ce fractionnement de l'architecture monolithique, il faut une technologie qui rende la donnée aussi agile que l'outil se veut flexible. Ce qui ne peut se faire, en étant pragmatique, sans remettre en cause le rôle et la nécessité des employés IT.

 

Le PDG de Software AG a ainsi dû exposer la notion d'IT 3.0, une ère du SI qui correspondrait à l'avènement du Cloud Computing privé, d'une entreprise numérique agile dans laquelle on ne remplace pas les éléments, mais où on les enrichit par la technologie pour en améliorer la performance.
"Le cloud n'est pas un élément perturbateur" affirme M. Streibich "C'est une angoisse irrationnelle. On a cru que le cinéma tuerait le théâtre, puis que la télévision tuerait le cinéma. Internet ne tuera pas non plus la télévision, ni le cinéma ni les théâtres."

 

Une perspective optimiste, qui n'occulte pourtant pas le fait que le Cloud public, dont Software AG assurera la maintenance, les mises à jour des outils, en automatisant depuis la plateforme des services auparavant dispensés et contrôlés par l'IT, réduira son influence à l'administration des Cloud privés.

 

Malgré les risques que comporte cette réforme de l'architecture d'entreprise, Wolfram Jost, le Directeur Technique de Software AG, ne cache pas ses certitudes à l'égard du Cloud et de l'In-Memory. La technologie acquise au travers de Terracotta a ouvert la porte à l'implantation du cloud, en injectant une certaine couche d'agilité dans l'accès aux données. "Si vous saviez le temps qu'on perd à regarder un petit sablier ou une petite roue tourner sur son bureau, en attendant que l'information arrive sur son poste, si vous deviez calculer le coût de ces heures perdues, alors le choix vous apparaîtrait évident" explique-t-il.
Mais ce n'est qu'une première phase, puisque le Directeur Technique voit le futur en grappe, dématérialisé et focalisé sur l'utilisateur.

 

 

Une technologie en question(s)

 

Press Day Software AG 2011Si « Mobile BPM » répondait pour sa part aux besoins de mobilité des clients, il ne s'inscrit toutefois que dans un glissement progressif de l'offre ARIS et webMethods vers une dématérialisation totale : Le « Platform as a Service » / PaaS.
Dans ce but, les outils de Software AG et IDS Scheer sont déjà "Cloud Ready " ils ont été remodelés pour stimuler l'adoption d'une plateforme collaborative de gestion de processus "end to end" , qui offrirait aussi bien des produits logiciels que des services. Le Platform as a Service est l'utopie d'un déploiement fluide et rapide, libérant l'entreprise d'un cloisonnement par l'outil ou des compétences informatiques.

 

Pour Wolfram Jost, Software AG répond à un désir client tout en voulant précéder son évolution, car si c’est l’utilisateur qui définit les tendances et a imposé la nécessité du collaboratif, de l’ergonomie, de la mobilité, c’est l’éditeur qui doit ensuite exploiter ces besoins pour stimuler d’autres besoins subséquents. Comme on pourrait dire que l’In-Memory assure l’intérim du Cloud, que l’unbundling fera celui d’une offre Software as a Service éclatée, l’émergence du PaaS semble quant à elle boucler cette stratégie de focalisation client.

 

Certains observateurs tirent déjà un parallèle entre le rassemblement des professionnels sur une plateforme universelle, où chacun personnalise son expérience utilisateur, avec le conditionnement communautaire initié par Facebook. Une communauté implique par contraste l’exclusion des extra-communautaires, et les analystes se demandent si, tout comme on regarde en biais celui qui a refusé de faire partie des 800 millions d’amis de Mark Zuckerberg, les entreprises hors du Cloudseront considérées comme des opposants au changement, ce qui nuirait à leur image et à leur valeur perçues.

 

Symptôme de ces questionnements au sein de l’industrie, le "Cloudwashing", soit la requalification abusive de solutions ou architectures classiques en "Cloud ready", pour faire croire aux clients potentiels qu’on appartient au Club du Cloud. Un comportement qui inquiète M. Jost, car il entretient une certaine confusion sur la technologie.

 

 

Ciel couvert à l'horizon du Cloud

 

Press Day Software AG 2011On commence ainsi à discerner la nécessité d'une concurrence. Il faudra une diversité des PaaS pour que les captations ne soient pas définitives, que d'autres éditeurs soient le Google+ au Facebook de Software AG, qui se considère comme l'acteur majeur sur ce glissement technologique.
Casewise et PegaSystems ont déjà mis en place leurs propres stratégies de focalisation client en s'engageant sur des directions sensiblement différentes de Software AG, pour le Cloud et l'unbundling. Le premier désire cibler les PME sur une offre fractionnée de type SaaS, cultiver la mobilité via une application, pendant que l'autre a choisi de faire du cloud une technologie invisible, et d'unifier les accès par une interface web par un client léger.

 

Le Cloud, quoiqu'en dise Karl-Heinz Streibich, sera un élément perturbateur de cette industrie. En ce sens, Wolfram Jost a dégagé les enjeux immédiats de la mutation à venir : "le cloud conditionnera la façon dont le logiciel sera consommé, distribué et construit".
Mais elle entraînera évidemment des répercussions organisationnelles et humaines, car elle a pour vocation d'éliminer ce qui fait obstacle à l'agilité des entreprises, d'un point de vue métier.

 

Une sélection naturelle dont l'IT Guy est devenu, malgré lui, l'espèce en voie de dématérialisation.

 

 

 

En savoir plus sur Software AG

 

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